Copie par Michel Mancini du Char de Foin de Jérôme Bosch (Musée du Prado) – Panneau central

Michel Mancini du Char

Le panneau central représente le Char de Foin, proprement dit. L’original mesure 135 cm de haut et 100 cm de large et la copie ci-dessus la moitié de ces mesures. Ce panneau se base sur un texte du prophète Isaï qui dit que les plaisirs et les richesses du monde ressemblent au foin des champs car ils s’assèchent rapidement et se terminent encore plus rapidement. Cela symbolise quelque chose d’éphémère, mais attractif.

En haut du char, alors qu’un couple de paysan s’embasse (la luxure), observé par la chouette (qui symbolise l’hérésie et l’aveuglement humain), trois personnages se dédient à la musique alors que la scène est observée par un homme nà la droite duquel un démon bleuté avec un nez en trompe et une queue de paon, symbole de vanité, participe à la mélodie, tandisqu’à la gauche un ange, en position de prières, se tourne vers le Christ qui est dans le ciel.  La chouette et le démon peuvent s’entendre comme flatterie et la tromperie.

En tête du cortège qui suit le char de foin se trouvent le roi de France, un duc, le Pape, un évêque et l’Empereur. Devant ce groupe, une femme habillée en bonne soeur menace un homme avec un couteau et au centre du tableau, on voit un homicide. Des monstres hybrides entre hommes et animaux tirent le char pour le conduire en enfer représenté sur le panneau de droite.

Le père Siguënza, à la fin du seizième siècle, considéra que ces créatures symbolisaient les divers vices : ” Ce char de foin, où va cette gloire, est tiré par sept bêtes sauvages, monstres épouvantables, on l’on voit des hommes peints moitié lion, moitié chien, moitié ours, moitié poisson, moitié loup, tous symboles et representation de la société qui symbolisent la luxure, l’avarice, la convoitise, la bestialité, la tyrannie, la finauderie et la brutalité”.

Selon une autre théorie, les sept péchés capitaux sont représentés sur le bord inférieur, avec à la droite un groupe de nonnes apparemment coupables du péché d’avarice, juste au dessus de la signature de Jérôme Bosch.