Le Jardin des Délices-Panneau central – Détails (Bas droite)

Délices-Panneau central

Au centre de cette partie, autour d’une tente orange, on trouve plusieurs de groupes de personnages dont les plus marquants sont un homme portant un énorme poisson et un autre ayant des fleurs dans l’anus.

Plus à droite et vers le bas, on remarquera une tente jaune vers le bas devenant bleue vers le haut et surmontée de deux oeufs placés en équilibre l’un sur l’autre, devant laquelle se trouve un groupe de cinq personnes dont une de race noire.

A gauche de ce groupe, on a un petit groupe autour d’une fraise géante et d’un autre fruit qui laisse échapper par une ouverture des billes multicolores.

En haut et à droite, on trouve un groupe de danseurs. Juste en dessous, on a la seule personne vétue de tout le panneau. Ce personnage regarde clairement vers l’extérieur établissant ainsi une complicité avec le spectateur. Il montre du doigt une femme à demi couchée qui de toute évidence paraît être Eve. Derrière l’homme vêtu, le visage d’un troisième personnage apparaît au travers d’un vase transparent.

Il existe plusieurs théories au sujet de l’identité du personnage vêtu. Par exemple, Bax pense qu’il s’agit d’Adam alors que l’homme qui apparaît derrière lui, en sortant d’une grotte ayant la forme d’une galerie, serait Noé annonçant une nouvelle ère après le déluge.

Mateo a une autre théorie. L’homme vêtu serait Jean Baptiste qui est toujours représenté avec un habit en peau effilochée et montrant toujours quelque chose, l’Agneau de Dieu habituellement. Ici, cependant, Jérôme Bosch nous surprendra une fois de plus.

Jean Baptiste n’apparaît pas en train de désigner celui qui enlève les péchés du monde, l’Agneau de Dieu, mais celle qui les a apportés, Eve. La galerie par laquelle sort Jean Baptiste serait le symbole de l’entrée dans le limbe tel que décrit dans l’évangile apocryphe de Nicodème. Jean Baptiste incarnerait ainsi la charnière entre le monde antérieur au péché et le monde terrestre.

D’autre part, il y a une autre oeuvre intéressante de Saint Augustin (Augustin d’Hippone) : Commentaire sur la Genèse contre les Manichéens dans laquelle le célèbre auteur signale que la mort est fixée dans la tunique de fourrure : ” Ils se seraient couverts de feuilles et Dieu leur remit des tuniques de peau et les couvrit avec la mortalité de cette vie”. Cette signification est ce qui fait penser aux érudits que, sous cette tunique, on trouve le couple originel.

De plus, dans la partie inférieure gauche de ce panneau central, il y a un homme en train de montrer le panneau précédent, en particulier Eve, ce qui est une claire accusation de la femme comme responsable d’avoir succombé à la tentation du serpent, commettant le péché pour lequel payerait toute l’humanité. La misogynie à l’époque où Jérôme Bosch a peint le Jardin des Délices est bien connue. Erasme parlait de la sottise de la femme et disait qu’elle servait seulement à procurer du plaisir à l’homme lequel frisait aussi la sottise en recherchant sa compagnie.